Luc Gnacadja, maire de Cotonou (au milieu) lors de la conférence de la Banque Européenne pour la Reconstruction et le Développement (BERD) sur le financement durable, à Green Cities
Historiquement, le développement urbain à Cotonou s'est souvent fait contre l’eau. Les inondations étaient comme un fléau à endiguer par des infrastructures lourdes, coûteuses et parfois déconnectées de la réalité écologique. Lors de la Conférence Green Cities, la municipalité de Cotonou a acté un changement de paradigme majeur : l'eau n'est plus une menace, elle est le moteur de la résilience et de la qualité de vie future.
L'initiative « Cotonou et l’Eau : un nouveau pacte urbain » repose sur une approche holistique de la gestion du territoire. En s'appuyant sur sa situation géographique exceptionnelle, enserrée entre l'Océan Atlantique, la lagune et le lac Nokoué, la ville ambitionne de transformer ses contraintes naturelles en atouts économiques. Ce programme prévoit la sanctuarisation et la restauration des zones humides, véritables éponges naturelles, ainsi que la préservation des corridors écologiques qui assurent le drainage naturel des eaux pluviales.
Le projet va au-delà de la simple ingénierie hydraulique. Il s'agit d'une reconquête urbaine : reconnecter les citoyens à leur environnement lacustre, créer des espaces publics de qualité autour de l'eau et valoriser ces zones comme des infrastructures urbaines à part entière.
Parallèlement, le programme « Cotonou Ville Verte » vient compléter cette stratégie par la création de forêts urbaines et de parcs du Bicentenaire, destinés à lutter contre les îlots de chaleur. En misant sur des solutions fondées sur la nature, Cotonou pose les bases d'une métropole où la biodiversité devient un service public essentiel, garantissant une meilleure santé aux habitants et une attractivité renouvelée pour le secteur privé.
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