Le regretté Richimir Totah
Le monde culturel béninois perd l’un de ces acteurs les plus engagés. Le ministère du tourisme, de la culture et des arts (MTCA) a informé dimanche 4 mai 2026, via message diffusé sur Facebook, le décès de Richimir Totah.
«Richimir Totah, l’ami du ministère de la culture, nous a quittés», a écrit le département ministériel.
Pour le ministère de la culture Richimir Totah « était de ceux qui ne se contentaient pas d’être présents : il habitait presque les lieux, les animait, les bousculait».
Les autorités béninoises se souviennent encore de «sa silhouette familière» qui traversait les couloirs du ministère de la culture «avec une exigence presque fraternelle» pour leur apporter « les nouvelles du monde culturel» et les exhorter « sans relâche à franchir les seuils».
Des racines musicales forgées dès le CEG Gbégamey
Le ministère retrace également le parcours artistique de l’homme, en rappelant ses débuts au CEG Gbégamey, au sein de l’orchestre des Sphinx.
Cette formation emblématique a vu émerger plusieurs figures majeures de la musique béninoise, dont Angélique Kidjo, Stan Tohon, Laurent Hounsavi et Isbath Madou.
« Richimir Totah n’avait jamais abandonné le piano, cet instrument auquel il confiait ses élans les plus intimes, ni trahi le monde de la musique », indique le message. Initié très tôt par son père, maître de chorale, il restera toute sa vie attaché à cet univers.
Malgré un parcours académique orienté vers l’ingénierie du recyclage des déchets, effectué en Russie, Richimir Totah demeure étroitement lié à la sphère musicale. Le ministère le présente comme un acteur engagé des formations musicales et un conseiller écouté sur les enjeux des spectacles vivants.
Il portait, selon les termes du message, « cette double exigence : créer et structurer, rêver et organiser ». Cette vision s’est traduite par son implication dans plusieurs initiatives culturelles d’envergure.
Des contributions marquantes aux initiatives culturelles
Le MTCA met en avant son rôle de directeur artistique de toutes les éditions de « Chante et danse avec l’Amazone », un événement culturel majeur organisé sur l’esplanade de l’Amazone durant les vacances.
Il a également présidé le comité d’organisation du Festival international de musique du Bénin, tenu du 29 avril au 3 mai 2015, contribuant à structurer des cadres de diffusion de la musique béninoise.
Parmi ses ambitions, rappelle le ministère, figure le développement du centre Walô, porté par son épouse Rachelle Agbossou, avec l’objectif d’en faire un haut lieu de la chorégraphie en Afrique. Un projet que la maladie n’a pas permis de mener à terme.
Au-delà de ses réalisations, le ministère retient un homme à « la bonne humeur lumineuse » et à « l’humour vif », resté fidèle à ses principes.
« Aujourd’hui, le MTCA perd plus qu’un collaborateur extérieur : il perd un compagnon de route, un veilleur, un aiguillon », indique le ministère.
Le ministère a adressé ses condoléances à la famille du défunt, notamment à son épouse Rachelle Agbossou et à son frère Éric Totah, ainsi qu’à l’ensemble de la communauté artistique.
« La disparition de Richimir Totah ne se dit pas seulement en mots : elle se ressent comme un silence soudain dans une partition que l’on croyait ininterrompue », a conclu le ministère.
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