Comité de pilotage du projet Oriki-Mi et un représentant de l'ADAC
Face au risque d’effacement progressif des panégyriques claniques, le projet “Oriki Mi” qui signifie en langue nationale Yoruba Panégyriques, tente d’opérer une riposte structurée. Porté par l’ONG Écrivains humanistes du Bénin et financé à hauteur de 70% par le Fonds de développement des arts et de la culture (FDAC), le projet s’inscrit dans une ambition de préserver, valoriser et transmettre les panégyriques claniques des aires culturelles Goun, Nago et Yoruba.
Cette initiative est consécutive à un constat fait sur le terrain par l’ONG Écrivains humanistes du Bénin, a expliqué vendredi vendredi 17 avril 2026 à la presse, le comité de pilotage du projet.
Le constat fait état d’une faible transmission de ces savoirs, conjuguée à leur faible valorisation, expose un pan entier du patrimoine culturel immatériel à une disparition progressive. « En résumé, il s'agit pour nous de sauvegarder pour mieux valoriser et transmettre aux générations actuelles et futures », a expliqué, vendredi 17 avril 2026 à la presse, le président de l’ONG Écrivains humanistes du Bénin, Camille Sègnigbèdé.
Point à mi-parcours
Depuis décembre 2025, les équipes mobilisées ont entrepris un travail de terrain dans plusieurs localités des départements de l’Ouémé et du Plateau. Porto-Novo, Missérété, Avrankou, Ifangni, Sakété, Pobè ou encore Kétou ont servi de cadre à la collecte de ces récits identitaires, détenus par des gardiens de la tradition et des chefs de collectivités.
Récemment, le 3 mars 2026, les agents collecteurs du projet Oriki Mi ont été déployés dans les départements de l’Ouémé et du Plateau pour interviewer une vingtaine de détentrices de panégyriques claniques.
Le 14 mars 2026, cette collecte s’est poursuivie dans les communes de Sakété et de Kétou, où les équipes ont rencontré les détentrices locales et constaté les efforts de transmission de ce patrimoine aux jeunes générations.
À mi-parcours, le projet revendique des résultats tangibles. Plus de 20 de panégyriques ont été collectés, transcrits et traduits en français, constituant ainsi une base documentaire appelée à être consolidée. Ce matériau servira notamment à l’élaboration d’un recueil écrit de 20 panégyriques claniques, mais aussi à la production de supports audio destinés à préserver l’oralité et la musicalité propres aux panégyriques claniques.
De l'oralité à la scène via le théâtre
Au-delà de la sauvegarde, les initiateurs du projet entendent inscrire ces contenus dans une dynamique de création. Une résidence artistique est annoncée avec la participation de dix chanteurs, slameur , conteur et comédien sélectionnés. Ces artistes seront invités à s’approprier les récits collectés pour en faire une œuvre théâtrale originale.
Pour le coordonnateur du comité scientifique, Martial Alayé Akankoudé, cette orientation vise à garantir une continuité entre tradition et modernité. Les textes d’origine, a-t-il précisé, serviront de socle dramaturgique afin de préserver l’authenticité culturelle de la production.
Ce passage de l’oralité à la scène apparaît comme un levier stratégique pour toucher de nouveaux publics, notamment les jeunes générations souvent éloignées de ces formes d’expression traditionnelles. Une manière, pour les porteurs du projet, de redonner vie à un patrimoine menacé en le réinscrivant dans des formats contemporains.
Présent à la rencontre, le représentant de l’ADAC, Alain Laéron, a souligné la pertinence de l’initiative dans un contexte marqué par la transformation des modes de transmission culturelle. Selon lui, « aller puiser à la source, enregistrer, transcrire, puis transmettre sous forme papier et audio » constitue une garantie pour la préservation durable de ces valeurs.
Le projet « Oriki-Mi » figure parmi les 39 initiatives retenues, dont 5 dans la catégorie « Livre et lecture », pour un financement dans le cadre du Fonds de développement des arts et de la culture (FDAC).
Lancé du 14 octobre au 2 novembre 2024, le premier appel à projets du FDAC a mobilisé une enveloppe globale de 823 075 945 FCFA destinée à soutenir la création et la promotion culturelle.
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