Raphaël Graven, connu sous le pseudonyme Jean Pormanove ou "JP"
Jean Pormanove ou "JP" n’est plus. Il participait à un marathon de streaming de près de 298 heures (soit une douzaine de jours) aux côtés de deux autres streamers, Naruto (Owen Cenazandotti) et Safine.
Durant toute cette durée, il a subi violences physiques, humiliations, privations de sommeil, ingestion de substances toxiques, jets de peinture ou de paintball, étranglements, et autres brutalités infligées en direct pour le divertissement de certains spectateurs. Peu avant son décès, rapporte le Dauphiné libre, ''JP'' subissait de violentes claques par l'un de ses partenaires
Dans les heures précédant sa mort, les camarades de livestream ont tenté de le réveiller après qu’un donateur eut signalé son immuabilité. Naruto lui lança une bouteille vide sur la tête, sans résultat ; c’est donc en constatant qu’il ne réagissait plus qu’ils coupèrent abruptement le live.
Quelques heures plus tard, Naruto annonça son décès sur Instagram, exprimant sa douleur et appelant à ne pas diffuser les images du moment de son dernier souffle.
Une enquête lancée, des voix s’élèvent contre l’horreur
Le parquet de Nice a ouvert une enquête en recherche des causes de la mort et ordonné une autopsie. La police judiciaire de Nice a été saisie, avec des auditions, saisies de matériels (vidéos, équipements de streaming, etc.) en cours.
Cette enquête s’ajoute à la procédure ouverte en décembre 2024 pour violences volontaires en réunion sur personnes vulnérables, provocation à la haine ou la violence, ou encore diffusion d’enregistrements d’atteintes à l’intégrité de la personne, menée à l’encontre de Naruto et Safine.
Pendant leurs auditions dans l’instruction de ce dossier, rapporte RTL, Jean Pormanove, ancien militaire et Coudoux (un autre streamer maltraité) ont pris la défense de leurs bourreaux présumés. Ils "contestaient fermement être victimes de violences, indiquant que les faits s'inscrivaient dans des mises en scène visant à 'faire le buzz' pour gagner de l'argent", a indiqué le procureur de Nice, Damien Martinelli, dans un communiqué cité par le média français.
Pour la ministre déléguée chargée du Numérique, Clara Chappaz, pas question d’admettre un consentement sur ce cas de maltraitance suivie de mort d’homme. Elle dénonce ce qu’elle qualifie d’"horreur absolue", soulignant que “Jean Pormanove a été humilié et maltraité pendant des mois en direct sur la plateforme Kick. La responsabilité des plateformes en ligne sur la diffusion de contenus illicites n’est pas une option : c’est la loi.” Elle a saisi l’Arcom (autorité de régulation audiovisuelle) et signalé les contenus via Pharos, le portail officiel de lutte contre la violence en ligne.
La Haute-commissaire à l’enfance, Sarah El Haïry, a également insisté sur la responsabilité immense des plateformes pour protéger les enfants d’un accès à des contenus violents, et appelé à une vigilance accrue de la part des parents.
La plateforme Kick (d’origine australienne) a banni tous les co-streamers ayant participé à la diffusion, déclaré coopérer pleinement avec les autorités, et lancé une révision complète de ses politiques de modération.
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