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Cyber Africa Forum 2026 : le Bénin face au défi de la confiance numérique à l’ère de l’IA

Cyber Africa Forum 2026 : le Bénin face au défi de la confiance numérique à l’ère de l’IA

À Cotonou, les 16 et 17 novembre 2026, la sixième édition du Cyber Africa Forum réunira plus d’un millier d’acteurs autour de la cybersécurité, de l’intelligence artificielle et de la souveraineté numérique. Un rendez-vous qui entend aider l’Afrique à mieux anticiper les menaces et à concevoir ses propres solutions.

À Cotonou, les 16 et 17 novembre 2026, la sixième édition du Cyber Africa Forum réunira plus d’un millier d’acteurs autour de la cybersécurité, de l’intelligence artificielle et de la souveraineté numérique. Un rendez-vous qui entend aider l’Afrique à mieux anticiper les menaces et à concevoir ses propres solutions.

Des journalistes au cours de la conférence de presse du Cyber Africa Forum, ce lundi 2 novembre 2026 à Cotonou

Des journalistes au cours de la conférence de presse du Cyber Africa Forum, ce lundi 2 novembre 2026 à Cotonou

La révolution numérique ouvre des portes, mais multiplie aussi les risques. À mesure que l’intelligence artificielle gagne du terrain, les cybercriminels disposent de moyens plus puissants pour attaquer. Face à cette réalité, le Cyber Africa Forum veut placer la confiance au cœur de l’avenir numérique africain.

 

Les 16 et 17 novembre 2026, Cotonou accueillera la sixième édition de ce rendez-vous continental, autour du thème « Construire la confiance numérique de demain ». Lors d’une conférence de presse organisée, lundi 2 novembre, responsables publics, experts et partenaires ont exposé les enjeux d’une transformation numérique qui ne peut plus se limiter à la modernisation des services.

 

Pour Franck Kié, fondateur et commissaire général du forum, la confiance numérique repose sur une exigence simple : « Tous les échanges que nous avons à travers les usages numériques que nous faisons aujourd’hui sont sécurisés. » Sans systèmes capables de protéger les transactions et les données, prévient-il, les utilisateurs restent « à la merci du cybercriminel ».

 

L’intelligence artificielle, nouvelle arme à double tranchant

 

Au Bénin, les menaces évoluent avec les technologies. Le directeur général du Centre national d’investigations numériques (CNIN), Ouanilo Medegan Fagla, a fait état d’une progression des plaintes liées aux cyberescroqueries, passées d’environ 4 000 à près de 6 000 entre 2024 et 2025, soit une hausse de près de 60 %. Il estime toutefois que cette augmentation peut aussi traduire une meilleure connaissance des mécanismes de recours par les victimes.

 

Les experts qui sont intervenus lors de la conférence de presse organisée le Cyber Africa Forum, ce lundi 2 novembre 2026 à Cotonou

L’autre préoccupation concerne la protection des infrastructures numériques. Selon le responsable du CNIN, l’intelligence artificielle augmente les capacités des acteurs malveillants en leur permettant d’automatiser et d’intensifier leurs opérations. Les défenseurs peuvent, eux aussi, utiliser ces outils pour détecter les vulnérabilités et mieux répondre aux attaques.

 

Mais cette course technologique pose une question de souveraineté. Dépendre exclusivement de solutions étrangères peut devenir une faiblesse lorsque celles-ci ne sont pas adaptées aux besoins des équipes locales. D’où l’importance, souligne-t-il, de disposer de capacités nationales de calcul, de modèles maîtrisés et de compétences capables de répondre aux menaces.

 

Le Bénin mise sur l’innovation locale

 

Cette ambition rejoint l’orientation défendue par les autorités béninoises. Wilibrod Dossou, directeur des analyses de la veille et de l’intelligence stratégique au ministère chargé du Numérique et de l’Innovation, évoque une évolution de la politique publique : le numérique doit désormais contribuer davantage à la compétitivité des entreprises et à la création de richesses.

 

L’objectif est également de faire émerger des solutions conçues localement. Le gouvernement entend notamment favoriser l’achat public d’innovation, en permettant à l’État de soumettre des problèmes à résoudre aux innovateurs béninois, plutôt que de se limiter à acquérir des outils déjà développés ailleurs.

 

Vue partielle des personnes ayant pris part à la conférence de presse du Cyber Africa Forum de ce lundi 2 novembre 2026 à Cotonou

L’Agence des systèmes d’information et du numérique (ASIN) accompagne cette orientation. Son directeur général, Marc-André Loko, insiste sur trois priorités : les compétences, la qualité des données et les infrastructures. « Sans des données de qualité, vous n’aurez pas le résultat que vous escomptez », rappelle-t-il.

 

Le responsable souligne aussi l’importance d’héberger localement les données sensibles et de renforcer les dispositifs de cybersécurité. La confiance doit permettre aux citoyens et aux entreprises d’utiliser les services numériques sans craindre pour leurs informations personnelles ou leurs transactions.

 

Protéger les personnes autant que les systèmes

 

Pour Richmond Tiémoko, représentant résident du Fonds des Nations unies pour la population (UNFPA), la sécurité numérique ne saurait se réduire à la protection des infrastructures. Elle doit aussi préserver les droits, la dignité et la sécurité des utilisateurs, notamment les femmes, les jeunes et les populations vulnérables.

 

« La sécurité n’est pas seulement la sécurité des infrastructures, c’est aussi la sécurité des personnes qui utilisent l’IA, qui utilisent la technologie », insiste-t-il. L’UNFPA travaille avec le gouvernement et les organisateurs pour encourager l’engagement des jeunes dans la sécurisation du cyberespace, notamment avec l’appui du Canada.

 

Un forum tourné vers des actions concrètes

 

Au-delà des débats, le Cyber Africa Forum 2026 entend rapprocher décideurs, entreprises, investisseurs et innovateurs. Le programme s’inscrit dans la dynamique de la Bénin Innovation Week, avec un village de l’innovation destiné à présenter les solutions locales et à faciliter les rencontres entre porteurs de projets et partenaires. Plus d’un millier de participants sont attendus, selon Franck Kié. Pour le commissaire général, le continent doit cesser de subir les transformations technologiques et apprendre à les anticiper.

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