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La Cour constitutionnelle a livré, jeudi 16 avril 2026, un examen minutieux des opérations électorales du 12 avril 2026, mettant en lumière une série de manquements ayant conduit à l’annulation de 34 596 voix à l’échelle nationale et à des redressements de voix.
Pour parvenir à ses conclusions, l’institution a analysé les procès-verbaux de déroulement du scrutin, les feuilles de dépouillement et les documents de compilation issus de 17 463 postes de vote répartis dans 546 arrondissements, ainsi que dans 14 centres de vote de la diaspora. À ces éléments se sont ajoutés les bulletins présumés nuls, les rapports des agents électoraux de la Commission électorale nationale autonome (CENA), ceux des délégués assermentés de la Cour et les observations des représentants des candidats.
Selon la Cour constitutionnelle, cet examen a permis de relever des insuffisances dans plusieurs bureaux de vote. Parmi les irrégularités constatées figurent l’absence de procès-verbaux ou de feuilles de dépouillement dans certains plis, des enveloppes non scellées, ainsi que le défaut de signature de membres de postes de vote. D’autres anomalies concernent le remplissage incomplet ou incorrect des documents électoraux, l’absence de mention du nombre d’émargements ou du vote par dérogation, ou encore le défaut de registre dédié à ce type de vote.
La Cour a également identifié des incohérences entre les chiffres relatifs aux inscrits, aux votants et aux suffrages exprimés. Des cas de bourrage d’urnes ont été signalés, tout comme des discordances entre pictogrammes et chiffres, ou l’absence de pièces justificatives pour certains bulletins déclarés nuls. À cela s’ajoutent des ouvertures tardives ou précoces de postes de vote, des bulletins irréguliers comportant plusieurs choix ou des signes distinctifs, ainsi que des perturbations ponctuelles du scrutin.
Malgré l’ampleur des irrégularités relevées dans certains centres, la Cour constitutionnelle a jugé que ces dysfonctionnements n’étaient pas de nature à compromettre la sincérité, la transparence et la crédibilité du scrutin pris dans sa globalité.
Dans sa décision de proclamation des résultats provisoires du scrutin, la Cour indique un taux de participation de 63,57 %. Le candidat du pouvoir sortant Romuald Wadagni est déclaré vainqueur avec 94,27 % des voix. Le candidat de l'opposition Paul Hounkpè arrive loin derrière avec 5,73 % des voix.
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