Le gouvernement malien adopte un projet de loi révisant la Charte de la Transition, qui prévoit un mandat présidentiel de 5 ans renouvelable dès 2025 pour Assimi Goita
Réuni en Conseil des ministres tenu le mercredi 11 juin 2025, sous la présidence du Général Assimi Goïta, Président de la Transition, le gouvernement du Mali a adopté un projet de loi de révision de la Charte de la Transition. Ce texte prévoit l’instauration d’un mandat présidentiel de cinq ans, renouvelable, à compter de 2025.
La réforme s’inscrit dans le prolongement des Assises Nationales de la Refondation, tenues en décembre 2021, qui ont formulé 517 recommandations en faveur d’une transformation politique profonde. Parmi elles figurait la priorité donnée aux réformes institutionnelles avant toute élection.
''Malgré l’adoption d’une nouvelle Constitution, le contrôle de l’ensemble du territoire par les Forces Armées et de Sécurité, ainsi que les résultats obtenus dans la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme violent, notre pays et les autres pays de l’AES sont toujours confrontés à la menace de la déstabilisation internationale et l'atteinte aux intérêts vitaux des populations'', expose le Gouvernement dans le compte rendu du conseil des ministres.
''Ainsi, en deduit-il, se pose à notre pays, à l’instar des autres pays de l’AES, la question cruciale de la nécessité de poursuivre la Transition pour parvenir à la pacification totale de nos Etats.''
Bien que le Mali ait promulgué une nouvelle Constitution en juillet 2023, les autorités jugent que le processus de stabilisation n’est pas achevé. Le pays reste confronté à de nombreux défis sécuritaires, aggravés, selon les autorités, par des tentatives de déstabilisation internationale. En réponse, elles insistent sur la nécessité de poursuivre la transition pour parvenir à une ‘’pacification totale’’.
Vers une harmonisation au sein de l’AES
Le projet de loi adopté vise également à harmoniser les cadres politiques des États membres de la Confédération Alliance des Etats du Sahel (AES). À l’image de ses partenaires régionaux, le Mali souhaite accorder au Chef de l’État un mandat de cinq ans renouvelable, assurant ainsi une continuité dans l’exercice du pouvoir et une meilleure réponse aux exigences de sécurité et de gouvernance.
Pour rappel, dans une logique de souveraineté collective, le Mali s’est allié au Burkina Faso et au Niger pour fonder, en juillet 2024, la Confédération des États du Sahel (AES), sur la base de la Charte du Liptako-Gourma. Cette entité entend renforcer la coordination entre les trois États dans la lutte contre le terrorisme et la défense de leurs intérêts stratégiques. Les trois pays ont quitté la CEDEAO qu’ils accusent d’être instrumentalisée par des puissances étrangères et d’agir à contre-courant des objectifs de sa création en 1975.
Selon le rapport présenté par le ministre délégué chargé des Réformes politiques en Conseil des ministres du 11 juin 2025, la réforme pour donner un mandat de cinq ans renouvelable à Assimi Goïta répond aux attentes exprimées lors des concertations nationales avec les Forces vives de la Nation et les Maliens de la diaspora.
Une réforme présentée comme une réponse aux aspirations populaires
Pour les autorités maliennes, cette nouvelle révision de la Charte ne marque pas un recul démocratique, mais bien une adaptation aux réalités nationales et régionales. Elle serait justifiée par la volonté de répondre aux aspirations du peuple malien pour une stabilité durable, une gouvernance renforcée et une souveraineté assumée.
Après son adoption par le Conseil des ministres, le projet de loi devrait être transmis au Conseil national de transition, l'organe législatif, pour examen et vote, avant d'être promulgué par le président de la République, le général d'armée Assimi Goïta.
Assimi Goïta a accédé au pouvoir à la suite du coup d’État militaire du 18 août 2020, qui a renversé le président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK), alors en poste depuis 2013. À l’époque, le coup d’État était motivé par une crise politique et sociale croissante, marquée par des contestations populaires, des accusations de corruption et une détérioration sécuritaire.
D'abord vice-président de la Transition sous Bah N'Daw, Assimi Goïta a conduit un deuxième coup de force en mai 2021, mettant fin à la première phase de transition. Il s’est alors proclamé Président de la Transition et a été investi par la Cour constitutionnelle.
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