Sabi Boun
À Natitingou, ce dimanche 17 février 2024, Barkatou Babi Boun, la Déléguée Générale du mouvement, et sa suite ont donné leur onction à la coordination départementale de l’Atacora et aux coordinations des 3e et 4e circonscriptions électorales. Même scénario, la veille à Parakou où les structures des deux circonscriptions électorales et celle de la coordination départementale ont été officiellement installées pour faire revivre la pensée politique de leur leader, le professeur Joël Aïvo.
« Il me paraît important de souligner notre sidération de vous voir aussi déterminés et mobilisés derrière notre leader le président Frédérick Joël Aïvo, même pendant ces moments d'épreuves. », a souligné Claude Boko, le coordonnateur des mouvements et associations politiques, au moment de la présentation officielle des membres des coordinations du Borgou.
Fidèle aux idéaux promus par l’universitaire (en prison depuis bientôt trois ans), le mouvement Génération Aïvo s’est fixée comme leitmotiv "le développement dans la démocratie". Garder vivace dans les esprits, les 5R (du nom du programme promu par Joël Aïvo au cours de son "Dialogue Itinérant" en 2019 et 2021), c’est la mission que se sont donc assignés les membres membres des différentes structures installées ce weekend.
Réponse au Président Talon
La cérémonie de Parakou a également été l’occasion pour le mouvement Génération Aïvo, de verser au président de la République, sa contribution à la réflexion sur le rôle de la CEDEAO dans la protection et la défense de la démocratie, tel qu’il l’a souhaité le 8 février 2024 au cours de sa conférence de presse.
Dans un document de 7 pages que Banouto s’est procuré, la Déléguée Générale du mouvement Génération Aïvo, a exposé un diagnostic sans concession de ce qu’elle présente comme les causes de l’impopularité des décisions de la CEDEAO concernant les atteintes au processus démocratiques dans certains pays. « Ce qui fait polémique et révolte les peuples, souligne Barkatou Sabi Boun, c’est la complaisance des organes de la CEDEAO à l’égard des Chefs d’État en fonction, supposés élus démocratiquement, mais qui dans la pratique, présentent un bilan controversé sur la pratique démocratique et sur les droits de l’homme.”
Pour Sabi Boun, la CEDEAO n’est pas en crise parce qu’elle serait garante de la démocratie. D’ailleurs, fait-elle remarquer, “La CEDEAO n’est devenue l’un des modèles d’intégration régionale qu’à partir du moment où elle a fait de l’épanouissement de ses peuples et de l’intégration politique, des priorités absolues de son action.” Et de préciser que “Travailler à l’intégration économique, à la libre circulation des personnes et des biens sans se soucier de la dignité des peuples et du respect de leurs droits, où qu’ils se rendent à l’intérieur des frontières de la communauté, ne peut conduire qu’à l’échec de l’organisation et à terme, à son implosion”.
La responsable du mouvement Génération Aïvo recommande donc au président de la république de défendre auprès de ses homologues ouest-africain, les trois positions principales. La première c’est la nécessité pour la CEDEAO d’être une organisation de son époque, c’est-à-dire, “une organisation moderne, optimiste et audacieuse”, différente de celle des années 70 et 80 où règnaient la dictature. Elle recommande ensuite que l’organisation reste fidèle à ses textes actuels où la démocratie, l’état de droit et les droits de l’homme ont une place prépondérante. Enfin, troisième recommandation, que l’organisation assure à ses textes, aux valeurs qu’ils promeuvent et aux obligations qu’ils créent à la charge des États membres, une application stricte, vigoureuse et sans complaisance, quel que soit le dirigeant en cause. “Ainsi, le défi le plus urgent, est de lutter contre la délinquance politique non pas seulement des militaires mais des gouvernements élus.
La CEDEAO gagnerait à veiller au respect par tous les États membres, quels qu’ils soient, des règles de convergence en matière démocratique et à garantir de façon impartiale et ferme les principes et règles librement souscrits par les États et auxquels les peuples adhèrent.”, peut-on lire dans la document.
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