Il faudra attendre plusieurs mois pour connaître la suite dans le dossier d’ « apologie du crime contre la sureté de l’Etat » dans laquelle un officier de l’armée béninoise est poursuivi devant la CRIET. La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) a renvoyé, lors d’une audience lundi 20 juillet 2026, la procédure au 5 octobre 2026.
Ce renvoi a été sollicité par le ministère public pour préparer ses réquisitions contre le prévenu. Mais la prochaine audience dans cette affaire relative au coup d’Etat déjoué contre Patrice Talon alors président de la République, début décembre 2025, aurait pu être renvoyée à une date plus proche s’il n’y avait pas les vacances judiciaires.
Les portes des cours et tribunaux seront fermées dès le début du mois août. Et elles le resteront jusqu’en septembre. Pendant cette période, les magistrats et autres agents de l’appareil judiciaire prennent les vacances. Les activités dans la maison justice vont reprendre à la rentrée judiciaire.
Un message de « félicitation » à Tigri
La procédure engagée contre l’officier des Forces armées béninoises fait suite à un message. Le lieutenant-colonel est poursuivi devant la Cour spéciale après un message à l’endroit de Pascal Tigri, chef des auteurs du coup d’Etat déjoué le 7 décembre 2025 contre le régime de Patrice Talon, alors président de la République. « Félicitations Mr le Président », a-t-il écrit dans un groupe WhatsApp qu’il partageait avec Pascal Tigri et plusieurs autres hommes de l’armée.
Ce message est interprété par la justice comme un soutien au groupe des militaires qui ont tenté de renverser l’ordre constitutionnel au Bénin début décembre 2025. Le militaire a été interpellé et poursuivi par le parquet spécial de la CRIET.
A la barre, le lieutenant-colonel a expliqué avoir envoyé ce message pour s’éviter des représailles. Il soutenu devant la juridiction spéciale que ses relations n’étaient bonnes avec le chef des putschistes. Pascal Tigri, a-t-il laissé entendre, le considère comme un militaire pro-Talon. Cette étiquette lui a été collée, explique-t-il, après une divergence avec le chef des putschistes.
Il a justifié également qu’il avait envoyé le message par peur après avoir appris qu’un blindé était passé dans son quartier à vive allure. « Mon message n’était pas pour valoriser l’action de Pascal Tigri. J’avais peur pour ma vie », a-t-il déclaré.
Pendant les débats devant la Cour, un des avocats du lieutenant-colonel a présenté des arguments qui, selon lui, sont à décharge de son client. D'après le conseil, si le prévenu était vraiment de connivence avec les putschistes, il aurait déjà pris la clé des champs après l’échec du coup d'État.
Mieux, explique le conseil, son client a participé à la manifestation de la vérité en rendant compte de ses échanges avec Pascal Tigri à l’ancien chef d’état-major adjoint au moment de l’attaque. Le prévenu a confié avoir fait le point à ce supérieur hiérarchique, d’abord au téléphone, avant d’aller voir le lendemain matin.
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