Colonel André Fofo Dokoui, commandant de l'opération Mirador
La coopération régionale, l’un des principaux manques auxquels l’armée béninoise est confrontée dans la lutte contre le terrorisme. Dans une interview diffusée sur Bip Radio ce vendredi 20 mars 2026, le haut gradé de l’armée béninoise a insisté sur le caractère transnational de la menace, estimant que la réponse sécuritaire ne peut être uniquement nationale.
Au-delà des moyens matériels et humains, le principal besoin exprimé par le commandant de l'opération Mirador concerne la coordination entre États. « La coopération régionale, ça nous manque, parce que cette lutte-là n’est pas une lutte d’un pays », a-t-il déclaré.
« Les premiers éléments dont nous avons besoin pour réussir, c'est la coopération régionale. Pour le moment, nous ne l'avons pas dans son intégralité », a martelé le colonel André Dokoui Fofo.
Pour lui, la nature même de la menace impose une réponse collective. « La menace n’est pas une menace nationale, elle est transnationale, elle est au-delà de nos frontières », a-t-il rappelé.
Il a alors appelé à une mutualisation des efforts sécuritaires dans l’espace ouest-africain. « La présence de la Côte d'Ivoire à nos côtés est un élément essentiel, mais nous en voudrons davantage pour faire face (à la menace terroriste, Ndlr), parce que l'ennemi, le terroriste, lui, ne connaît pas la frontière entre le Bénin et le Togo. Il ne connaît pas la frontière entre le Burkina et le Bénin. Il ne connaît pas la frontière entre le Niger et le Bénin », a-t-il déclaré.
En dépit de l’insuffisance de la coopération régionale, le colonel des forces armées béninoises assure que « la situation sur le plan opérationnel et sécuritaire de l'opération Mirador actuellement est [...] relativement calme ».
Les éléments de l’opération Mirador ont « la maîtrise parfaite de l'ennemi », en est convaincu le chef de l’opération. « Nous sommes convaincus que l'ennemi, chaque jour qu'il naît, est en perpétuelle mutation, en perpétuel changement. Et nous travaillons au quotidien aussi pour évoluer plus vite que lui », a-t-il appuyé.
Le commandant de l'opération Mirador s'est ainsi exprimé à l'issue d'une rencontre de haut niveau entre chefs d’état-major du Bénin, de la Côte d’Ivoire et de la France.
La rencontre s'est tenue jeudi 19 mars 2026 à la Caserne de Togbin dans la commune d’Abomey-Calavi et à consisté à redéfinir les contours de la riposte sécuritaire face à une menace terroriste en expansion dans la sous-région.
Le Bénin est en proie au terrorisme ces dernières années. En dépit des énormes moyens matériels, financiers et humains déployés par les autorités béninoises pour contenir le mal terroriste, plusieurs attaques ont été enregistrées dans le nord du pays, notamment dans les zones frontalières avec le Burkina Faso et le Niger. La dernière en date a été perpétrée le 4 mars 2026.
Cette attaque contre une position de l'armée béninoise a coûté la vie à 15 soldats et fait quatre blessés, selon le colonel James Johnson, porte-parole des Forces armées, rapporté par DW. L'attaque a été revendiquée par le Groupe de soutien à l'islam et aux musulmans (JNIM).
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