Vue aérienne partielle de la cité lacustre de Ganvié, classée au patrimoine culturel national du Bénin
Au Bénin, le patrimoine culturel national s’est s’enrichi d’un nouveau site. La Cité lacustre de Ganvié a été reconnu par le gouvernement comme un bien culturel présentant des caractéristiques historiques et culturelles majeures. Le décret de classement au patrimoine culturel national de ce site a été pris le mercredi 4 mars 2026. Consulté par Banouto, il renseigne sur les éléments ayant motivé la décision et ce que doivent faire les populations de Ganvié avant de nouvelles constructions.
Atouts historiques et culturels soulignés
Selon le décret, la cité lacustre de Ganvié est considérée comme un espace exceptionnel qui combine des composantes matérielles, naturelles et immatérielles témoignant d’une civilisation lacustre vivante. Le site s’étend sur près de 481,85 hectares sur la rive nord du lac Nokoué, dans la commune de Sô-Ava, et couvre les arrondissements de Ganvié 1 et Ganvié 2.
Le document met notamment en avant les habitations sur pilotis, les concessions lacustres, les passerelles et les embarcadères qui structurent l’organisation du village. Les pirogues, utilisées pour le transport, le commerce ou la pêche, font également partie des éléments constitutifs du site, tout comme les installations communautaires et les zones de pêche traditionnelle appelées « acadja».
Le gouvernement souligne aussi la richesse de l’écosystème du lac Nokoué, caractérisé par des mangroves, une faune aquatique variée et plusieurs espèces d’oiseaux. Ces éléments naturels participent à la singularité environnementale du site et renforcent son intérêt patrimonial.
Au-delà des aspects matériels et naturels, le décret évoque un mode de vie lacustre ancestral porté par le peuple Tofinou. Les savoir-faire traditionnels de construction sur pilotis, les techniques de pêche, l’artisanat en roseau et en jacinthe d’eau, ainsi que les croyances, rituels et chants communautaires sont présentés comme des composantes essentielles de l’identité culturelle du site.
Le texte rappelle également la valeur historique de Ganvié, fondée au XVIIIᵉ siècle comme refuge contre les razzias esclavagistes. Il la décrit comme « un témoignage exceptionnel d’une civilisation lacustre africaine vivante », caractérisée par une architecture vernaculaire adaptée au milieu aquatique et par un système socio-économique traditionnel fondé sur la pêche et le commerce.
Le décret souligne enfin que l’authenticité et l’intégrité du site reposent sur la continuité des pratiques sociales, économiques et culturelles, ainsi que sur la préservation globale de son style architectural et de son environnement lacustre.
Nouvelles contraintes pour les habitants
Désormais, les résidents de Ganvié – répartis dans les 21 villages des arrondissements Ganvié 1 et 2 – poursuivent leurs activités quotidiennes, mais sous réserve de ne pas dénaturer le site. L'entretien et la réparation des habitations doivent respecter l'intégrité architecturale et historique. Toute reconstruction, modification substantielle, construction nouvelle ou installation permanente requiert, désormais, une autorisation préalable du ministre chargé de la culture.
Cette autorisation s'ajoute au dossier de permis de construire si la réglementation l'exige. Malgré les évolutions modernes – connexion électrique, centres éducatifs, Maison de la Francophonie, village artisanal, marché flottant et habitats témoins gouvernementaux –, ces mesures visent à préserver l'authenticité face aux pressions démographiques, pollution et changement climatique.
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Gildas MAYODE
il y a 1 mois