Montée d'eau dans une rue au Bénin
La grande saison des pluies 2026 au sud du Bénin devrait globalement présenter des conditions proches de la normale, avec par endroits des tendances excédentaires. Dans un bulletin publié en mars 2026, Météo Bénin dévoile les grandes tendances climatiques attendues, notamment les dates probables de démarrage et de fin de saison, les séquences sèches ainsi que les risques liés aux inondations.
D’après les experts de Météo Bénin, la grande saison pluvieuse pourrait démarrer plus tôt ou à des dates proches de la normale dans plusieurs départements du sud.
« Pour les dates de démarrage dans les localités du sud, la normale (1991-2020) se situe entre le 25 mars et le 10 avril », précise le document en NB.
Des dates de début de saison précoces à normales sont attendues dans les départements de l’Atlantique, du Littoral, de l’Ouémé, du Plateau, du Mono et du Couffo. En revanche, dans les départements du Zou et des Collines, le démarrage de la saison pourrait être normal à tardif.
Concernant la fin de la saison, le bulletin indique qu’elle devrait intervenir à des dates normales à précoces dans la majorité des localités du sud du pays.
« Pour les dates de fin de saison dans les localités du sud, la normale (1991-2020) se situe entre le 18 Juillet et le 07 Août », précise le bulletin en NB.
Des séquences sèches à surveiller
Le bulletin s’intéresse également aux périodes de sécheresse susceptibles d’intervenir au cours de la saison pluvieuse.
En début de saison, les séquences sèches devraient être courtes à normales dans les départements de l’Atlantique, du Littoral, de l’Ouémé, du Plateau, du Mono et du Couffo. Dans les départements du Zou et des Collines, elles pourraient être normales à longues, ce qui pourrait affecter certaines activités agricoles en début de campagne.
En fin de saison, les prévisions indiquent des séquences sèches normales à longues dans l’ensemble des localités de la zone concernée.
Ces prévisions ont été élaborées à la suite d’un atelier national tenu du 28 janvier au 3 février 2026, puis d’un atelier sous-régional organisé à Lomé par le Centre climatique régional AGRHYMET pour les pays du golfe de Guinée.
Le bulletin de la prévision saisonnière se projette sur ce qui pourrait se passer dès ce mois de mars jusqu'en août 2026.
Le document explique que la prévision saisonnière permet d’anticiper les tendances des paramètres climatiques sur plusieurs mois, notamment les précipitations et les températures. Contrairement aux prévisions météorologiques de quelques jours, elle se présente sous forme d’indications probabilistes qui renseignent sur les tendances probables : conditions proches de la normale, excédentaires ou déficitaires.
Des cumuls pluviométriques globalement proches de la normale
Le bulletin de prévision saisonnière donne aussi des indications sur les quantités de pluie attendues.
Pour la période mars-avril-mai (MAM), les cumuls pluviométriques devraient être normaux à excédentaires dans plusieurs localités du sud du pays.
Durant la période avril-mai-juin (AMJ), les précipitations pourraient être normales avec une tendance localement déficitaire.
En ce qui concerne les écoulements des cours d’eau, les experts prévoient des écoulements moyens à excédentaires dans les bassins hydrologiques du sud et du centre du Bénin.
Des risques d’inondations dans certaines zones
Le bulletin souligne que les zones côtières figurent parmi les espaces les plus exposés aux risques d’inondations. « Les bassins côtiers sont des zones à fort risque d’inondation, à cause notamment de la forte anthropisation, de la dégradation du couvert végétal, de la saturation rapide des sols, du non-respect des zones de servitude et du manque d’entretien des réseaux d’assainissement », peut-on lire dans le bulletin.
En dépit des prévisions qui présagent que la saison des pluies pourrait commencer tôt ou à des dates normales, « il n'est pas exclu d'observer des événements de fortes pluies pouvant entrainer des inondations localisées », prévient les experts.
Des recommandations pour limiter les risques d’inondation
Les inondations peuvent entraîner entre autres des pertes de biens matériels et en vies humaines, pertes de terres arables et de récoltes, maladies hydriques, pollution des systèmes d'alimentation en eau, etc.). Pour réduire ces risques de catastrophes liés aux inondations Météo Bénin formule plusieurs recommandations à l’endroit des autorités et des populations:
-Maintenir la garde et suivre les mises à jour de ces prévisions saisonnières et les prévisions de courtes et moyennes échéances que produisent et diffusent Météo-Bénin;
-renforcer la veille et les capacités d'intervention des agences en charge du suivi des inondations, de la réduction des risques de catastrophes et des aides humanitaires,
-éviter l'occupation des zones inondables, pour les habitations et les cultures:
-assurer le curage des caniveaux et l'assainissement des agglomérations:
-renforcer les stocks de sécurité en produits vivriers et pharmaceutiques;
-éviter le contact avec les eaux usées
Des recommandations pour limiter les risques de sécheresse
Les situations des cumuls pluviométriques déficitaires attendues dans certaines localités, des dates de début de saison tardives, des dates de fin de saison normales à précoces et des séquences sèches longues à moyennes laissent planer des risques de déficits hydriques pour les localités concernées.
Ces déficits hydriques pourraient entraver la mise en place et la croissance des plantes et favoriser le développement d'insectes ravageurs des cultures. Face à cette situation et, pour amoindrir les risques de baisse des rendements agricoles, Météo Bénin recommande de:
-diversifier les pratiques agricoles, à travers l'irrigation, le maraichage et l'association des cultures;
-favoriser les espèces et variétés de cultures å cycles courts et les plus tolérantes au déficit hydrique;
-renforcer la vigilance contre les ravageurs des cultures (chénille légionnaire et autres insectes nuisibles).
Météo Bénin recommande aux producteurs, aux décideurs d’intégrer ces informations climatiques dans la planification des activités, notamment pour ajuster les calendriers de culture et mieux gérer les risques climatiques.
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