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Violence sur une parturiente en RDC : un médecin devant la justice après la diffusion d’une vidéo choquante

Violence sur une parturiente en RDC : un médecin devant la justice après la diffusion d’une vidéo choquante

En République démocratique du Congo, un vidéo virale montrant un médecin frapper une patiente en post-accouchement à Kinshasa a provoqué une onde de choc sur les réseaux sociaux. Face à l’indignation suscitée par ces images, le médecin a été suspendu par l'ordre des médecins et des enquêtes disciplinaires et pénales ont été ouvertes.

En République démocratique du Congo, un vidéo virale montrant un médecin frapper une patiente en post-accouchement à Kinshasa a provoqué une onde de choc sur les réseaux sociaux. Face à l’indignation suscitée par ces images, le médecin a été suspendu par l'ordre des médecins et des enquêtes disciplinaires et pénales ont été ouvertes.

Des captures de la vidéo montrant la scène de VBG dans un hôpital public à Kinshasa.

Des captures de la vidéo montrant la scène de VBG dans un hôpital public à Kinshasa.

Une scène digne d’une sauvagerie dans la jungle filmée à la demande d’un professionnel de santé “tout puissant”.

 

Une femme qui venait d'accoucher a été violemment maltraitée par un médecin, en présence d’autres membres du personnel soignant. Les faits se sont déroulés mercredi 25 mars 2026 à l’Hôpital général de Kinkole situé dans la commune de N’sele, à Kinshasa.

 

La séquence, devenue virale sur les réseaux sociaux, montre le “ colérique et tout puissant” médecin frapper à plusieurs reprises une femme allongée sur une table d’accouchement, visiblement affaiblie et saignante après avoir donné naissance. 

 

La patiente entièrement nue, tente de se sauver des griffes de son bureau mais celui-ci le poursuit et lui assène des paires de gifle.

 

La vidéo a suscité une vague d’indignation au sein de l’opinion publique. De nombreux internautes ont dénoncé des actes jugés contraires à la dignité humaine et aux règles élémentaires de la pratique médicale.

 

Sur X, la première dame de la RDC, Denise Nyakeru Tshisekedi condamne, comme tout le monde, des faits portant atteinte à la dignité humaine et aux droits les plus fondamentaux d’une femme en situation de grande vulnérabilité. 

 

Denise Nyakeru Tshisekedi adresse, par ailleurs, souhaité « que toute la lumière soit faite sur cette affaire, que la victime bénéficie d’une prise en charge appropriée, que les responsabilités soient établies et qu’une réponse rapide, rigoureuse et exemplaire soit apportée. Justice doit être rendue ».

 

De son côté, le Conseil urbain de l’Ordre des médecins de Kinshasa a annoncé la suspension du médecin mis en cause, en attendant le prononcé d’une sanction définitive par le conseil de discipline. 

 

Dr Elvis Bula, président du Conseil urbain de l’ordre des médecins (CUOM), a présenté des excuses à la population, reconnaissant une « scène de désolation qui concerne directement notre corporation », rapporte l’Agence congolaise de presse.

 

«J’aimerais, au nom de la corporation médicale de la ville de Kinshasa, présenter mes sincères excuses à toute la population congolaise en général et kinoise en particulier, mais beaucoup plus aux femmes, surtout que nous sommes au mois des droits de la femme, et qu’un événement puisse se passer durant ce mois, ça fait encore plus mal», a-t-il renchérit.

 

Des sanctions disciplinaires et une enquête judiciaire en cours

 

Le ministère des Droits humains a condamné des « traitements inhumains et dégradants » infligés à la patiente, précisant que les identités des auteurs présumés avaient été transmises aux autorités judiciaires.

 

Le ministre de la Santé publique, Hygiène et Prévoyance sociale, Roger Kamba, a indiqué avoir aussi saisi l’Inspection générale de la santé et demandé l’arrestation du médecin, identifié comme le Dr David Balanganayi Kayembe. « Des procédures ont déjà été engagées et, d’ores et déjà, elle ne peut plus exercer ni entrer en contact avec des patients», a-t-il déclaré rapporté par ActualitéCD.

 

Le ministre fait remarquer que «toutes les fautes déontologiques sont réunies dans cette vidéo, qui est tout simplement insupportable».

 

Une inspection extraordinaire de l’hôpital de Kinkole ainsi qu’un audit national des pratiques de prise en charge dans les structures sanitaires publiques et privées ont également été annoncés par l’autorité sanitaire.

 

Les autorités judiciaires sont désormais saisies afin d’établir les responsabilités pénales dans cette affaire qui continue de susciter une vive émotion même au delà des frontières Congolaises. Le médecin en cause est devant la justice. 

 

Ouvert le vendredi 27 mars 2026 devant le Tribunal de grande instance de Kinshasa/Kinkole, le procès a été retransmis en direct par plusieurs webmédias congolais.

 
À la barre lors de l’audience inaugurale, le médecin poursuivi a expliqué que la patiente avait subi une déchirure après son accouchement et aurait refusé la prise en charge médicale adéquate.
 
 Il a reconnu lui avoir asséné des coups pour la contraindre à accepter les soins, affirmant que cette violence avait « sauvé la vie » de la parturiente.
 
Le procès s’est poursuivi le lundi 30 mars 2026, avant d’être renvoyé au mercredi 1er avril 2026 afin de permettre l’audition de la victime.

 

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